Développement territorial
Patrimoine immobilier du Haut-Saint-Laurent
Mise en contexte
Notre patrimoine, notre histoire : l’inventaire du Haut-Saint-Laurent
Adopté le 15 avril 2026 en vertu de l’article 120 de la Loi sur le patrimoine culturel, l’inventaire du patrimoine bâti du Haut-Saint-Laurent constitue un outil stratégique de connaissance, de planification et de mise en valeur. Il permet de documenter les caractéristiques architecturales du territoire et d’orienter les interventions en faveur de la qualité des milieux de vie.
Avec 2 468 immeubles inventoriés, dont 83 % sont centenaires, la MRC met en lumière un patrimoine bâti d’une ampleur remarquable. L’inventaire révèle la cohérence des paysages bâtis du Haut-Saint-Laurent, la valeur structurante des noyaux villageois et la présence de matériaux distinctifs — pierre, brique d’Ormstown, bois et tôle — qui contribuent à l’identité architecturale du territoire et à son potentiel de revitalisation.
Consulter l’inventaire
Portrait et liste des bâtiments par municipalité
Découvrez les trésors cachés de votre municipalité! Le rapport d’inventaire brosse un portrait détaillé des 13 municipalités de la MRC, mettant en lumière leurs faits saillants et leurs secteurs d'intérêt.
Est-ce que le fait de figurer à l'inventaire va faire augmenter mon compte de taxes?
Non. Le compte de taxes n'augmentera pas en fonction du fait d'être inventorié ou non. L'inventaire n'ajoute pas de valeur foncière au bâtiment à des fins de taxation.
Est-ce que mes assurances habitation vont augmenter?
Non. Un inventaire est un outil de connaissance qui n'a aucune valeur sur l'assurabilité de votre propriété. En cas de sinistre, vous n'avez pas l'obligation de reconstruire à l'identique avec des techniques traditionnelles.
Est-ce que mon bâtiment possède désormais un statut légal de protection (cité ou classé)?
Non. L'inscription à l'inventaire ne confère pas de statut officiel de protection en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. Ce n'est qu'une première étape de reconnaissance.
Quelles sont les réelles implications légales?
Si votre immeuble est à l'inventaire, vous serez assujetti à deux règlements municipaux :
Le règlement de démolition : L'objectif n'est pas d'interdire, mais de soumettre toute demande de démolition à une évaluation rigoureuse par un comité.
Le règlement d'occupation et d'entretien : Vise à empêcher le dépérissement des bâtiments par négligence ou abandon, en exigeant un entretien minimal de la structure et de l'enveloppe.
Vais-je être empêché de rénover ou devrais-je demander des autorisations spéciales?
Non. Le propriétaire d'un bâtiment inventorié n'est pas tenu de demander des autorisations spéciales pour faire des rénovations. Vous devez simplement demander un permis municipal régulier, à moins que votre secteur ne soit spécifiquement visé par un Plan d'implantation et d'intégration architecturale (PIIA).
Découvrir notre architecture
L'empreinte de nos bâtisseurs
L'architecture du Haut-Saint-Laurent se distingue par un mélange fascinant d'influences et de techniques traditionnelles. Plongez dans l'histoire de nos paysages :
De la modeste maison de colonisation du 19e siècle à la maison cubique (Four Square) du début du 20e siècle, explorez l'évolution des styles qui façonnent nos noyaux villageois et nos rangs.
L’inventaire comporte 19 principaux types architecturaux dans le Haut-Saint-Laurent pour les immeubles construits avant 1940.
La shanty
Maison à étage en pierre 1800-1860
Maison à étage 1815-1860
Maison en pierre à toit à deux versants droits 1810-1890
Maison à toit à deux versants droits 1810-1890
Maison à mur-pignon en façade 1850-1920
Maison à lucarne-pignon 1865-1900
Maison cubique 1860-1900
Maison mansardée 1870-1920
Maison à plan en « L » 1870-1915
Maison éclectique 1880-1905
Maison de colonisation ou vernaculaire américaine 1890-1920
Maison à étages avec toit à deux versants de faible pente 1890-1940
Maison à toit à un versant ou plat 1890-1940
Maison cubique de type catalogue 1890-1930
Maison de catalogue 1900-1925
Maison unifamiliale d’entre-deux-guerres 1920-1950
Maison jumelée 1890-1940
Bâtiment d’usage mixte 1900-1940
Découvrez des raretés québécoises bien présentes chez nous
Les typologies religieuses particulières, reflet de la multiconfessionnalité
La diversité des groupes de colons (écossais, irlandais, canadiens-français) et de leurs confessions (presbytériens, anglicans, méthodistes, catholiques) a généré une multitude de lieux de culte aux caractéristiques très variées. Les protestants ont souvent construit de nombreuses petites églises rurales très sobres (fenêtres à ogives, dénudées d'ornements), tandis que les catholiques, plus centralisés, ont opté pour des édifices monumentaux ou aux formes architecturales modernes (L'Usine à histoire(s), 2023).
➜ L’église Georgetown Presbyterian est assez unique dans la région par son procédé d’agrandissement. En effet, une nouvelle nef a été construite en 1901 perpendiculairement à la nef d’origine de 1851, qui est alors devenu le transept de l’église agrandie.
➜ L’église Sainte-Barbe (1967) est unique dans le Haut-Saint-Laurent, notamment par sa façade triangulaire et ses retombées extérieures des arcs intérieurs en bois lamellé-collé. D’ailleurs, il s’agit d’un des seuls lieux de culte à l’architecture moderne dans la MRC, hormis la chapelle du Mont-de-l’Immaculée.
➜ Le Mont-de-l’Immaculée (1955) revêt d’une importance notable dans la région, notamment par son architecture moderne, sa statue de la Vierge et sa figure imposante dans le paysage.
➜ L’église de Saint-Anicet (1887-1888) est une composante majeure du paysage local. Elle se distingue par son architecture néo-byzantine unique dans le Haut-Saint-Laurent et a été conçue par Perrault et Mesnard, deux importants architectes de la seconde moitié du 19e siècle.
➜ La chapelle Sainte-Jeanne-d’Arc (1900) est l’unique lieu de culte en bois rond dans toute la Montérégie (CPRQ, 2003).
➜ Les ruines de l’église Calvin Presbyterian (1847) et le manoir Rosebank (1837) sont les derniers témoins du village de Rivière-La Guerre.➜ Les ruines de l’église Calvin Presbyterian (1847) et le manoir Rosebank (1837) sont les derniers témoins du village de Rivière-La Guerre.
Les fenêtres de frise (frieze windows)
Fréquemment observées dans l'ouest, ce sont de petites fenêtres rectangulaires intégrées tout en haut de l'élévation, directement sous l'avant-toit. Ce détail, très caractéristique du courant néo-grec et de l'architecture du nord-est des États-Unis, servait à éclairer et ventiler les combles tout en minimisant les pertes de chaleur.
➜ 967, route 132, Saint-Anicet
La maison-bloc
Peu répandue au Québec, où dominent davantage la maison-cour et la ferme aux bâtiments dispersés au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, la maison-bloc demeure une forme d’organisation rurale exceptionnelle (MRC de Coaticook, s.d.). Le Haut-Saint-Laurent se distingue toutefois par la présence importante de ce type de bâtiment sur son territoire.
La maison-bloc désigne un ensemble où le volume résidentiel est directement relié à des dépendances agricoles, comme une remise, une grange, une étable ou une laiterie. Ces espaces sont généralement accessibles depuis l’intérieur de l’habitation. L’expression anglaise connected architecture rend bien compte de cette organisation de volumes juxtaposés aux fonctions complémentaires (Dupont, 1978).
➜ 1639, route 202, Franklin
Nos bâtiments agricoles aux configurations ou matériaux atypiques
En marge de la grange rectangulaire traditionnelle, le territoire abrite des spécimens agricoles aux formes et aux méthodes de construction tout à fait exceptionnels pour répondre aux besoins d'élevage ou d'entreposage. Bien que ces types de maçonnerie ne soit pas exclusif au Québec, les paysages ruraux du Haut-Saint-Laurent se distinguent par la rareté et la forte concentration de ces imposantes constructions. On y retrouve d'anciennes laiteries en pierre, des granges à soubassement en pierre, ainsi que de rares silos de production d'ensilage structurés en maçonnerie de pierre ou de brique (L'Usine à histoire(s), 2023).
➜ 1121, chemin Rankin, Godmanchester (c’est sans doute l’un des derniers immeubles construits en bois cordé dans le Haut-Saint-Laurent qui subsiste encore).
➜ La tour carrée du Terrace Bank Farm (1812, route 203, Godmanchester), se distingue par sa forme de tour carrée, inhabituelle pour un bâtiment agricole. D’ailleurs, elle abrite toujours des machines à l’intérieur.
➜ 1639 Rte 202, Franklin : silo en pierre
➜ 3958 Montée Clinton, Franklin : silo en brique
➜ L’emploi de la brique dans des immeubles agricoles, tel qu’au 1292, chemin Connaught, témoigne de l’abondance de ce matériau dans le Haut-Saint-Laurent et contribue à son caractère distinctif.
➜ La grange-étable ronde du 883, chemin Ridge est le dernier exemplaire de ce type subsistant dans la région, et l’une des dernières au Québec.
➜ L’ensemble agricole au 2559, chemin de la Rivière-Châteauguay, Ormstown est exceptionnel par la présence d’une grange-étable à plan en « U » et par son emplacement dans l’alignement de la résidence.
➜ Plusieurs murets en pierre sèche longent les routes et les terres agricoles dans les municipalités du sud du Haut-Saint-Laurent, notamment à Franklin et à Havelock comme ici au 1000, route 202
Boîte à outils pour les propriétaires
Vous êtes propriétaire? Nous sommes là pour vous accompagner!
Voici des ressources pratiques conçues spécialement pour vous :
Des fiches pratiques vous conseillant sur les méthodes de restauration respectueuses des composantes d'origine (ex. : maçonnerie, réparation de fenêtres en bois) (à venir).
Annuaire des artisans et entrepreneurs locaux : Un répertoire de professionnels de la région qualifiés pour intervenir sur les bâtiments anciens selon les règles de l'art (sur demande).
Programme d'aide financière à la restauration (à partir de l’automne)
La MRC du Haut-Saint-Laurent est fière d'annoncer la mise sur pied d'un programme d'aide financière à la restauration patrimoniale. L'inscription à l'inventaire donne accès à ce programme qui vise à combler les surcoûts liés aux travaux de préservation et de restauration respectant les caractéristiques d'origine de votre bâtiment privé.
Les critères d'admissibilité (liés au score d'intérêt patrimonial) et les formulaires seront publiés sous peu.
À venir (en construction)
L'inventaire est la première étape d'une mise en valeur continue. La MRC lance actuellement deux appels d’offres majeurs pour soutenir sa vision de développement :
Étude de caractérisation typologique et morphologique
Recherche approfondie sur le bâti à l'échelle urbaine et architecturale, incluant l'identification des architectes des biens les plus notables et la rédaction de monographies.
Planification de la revitalisation des secteurs historiques
Création de circuits touristiques, développement d'un concept d'écomusée, et élaboration d'une charte architecturale pour l’aménagement de nos noyaux villageois, prévoyant des normes de gabarit et de matériaux compatibles avec notre histoire.
➜ Il est possible de consulter les appels d’offres complets sur le portail SEAO.